Qui a tué le Parti communiste italien ?
Guido Liguori retrace ici de manière magistrale la mort en 1991 de l’organisation de masse qu’était le PCI : le travail de trois générations de militants sacrifié en 15 mois. Pour donner quoi ? Un autre parti (PDS) qui changera encore deux fois de nom pour un échouage final dans un alliage avec un pan de l’ex-Démocratie chrétienne… Au regard de l’étiage auquel est aujourd’hui tombée la vie politique italienne, on mesure l’étendue de la perte que constitue la liquidation en 1991 de cette organisation de masse qu’était le PCI. Le travail de trois générations de militants sacrifié en 15 mois sur l’autel du mouvementisme sociétal, du happening multipolaire et de l’abandon de la centralité de la lutte des classes. Pour donner quoi ? Un autre parti (PDS) qui changera encore deux fois de nom pour un échouage final dans un alliage avec un pan de l’ex-Démocratie chrétienne… Pourtant ce coup de force n’a pas été un coup de tonnerre dans un ciel serein, mais le résultat d’une longue incubation d’un PC où grandissait le réformisme et pour lequel la chute de l’URSS ne sera en fait qu’une aubaine saisie au vol pour le passage à l’acte final. Référence : 978-2-915854-32-9
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Qui aidait Hitler ?
Par ce témoignage de première main, Ivan Maïski ambassadeur soviétique en Grande-Bretagne de 1932 à 1943, déconstruit la légende, forgée par l’Occident, de la connivence intrinsèque entre le Reich et l’Union soviétique. Les pourparlers en vue d’un pacte tripartite d’assistance mutuelle entre l’Angleterre, la France et l’URSS (mars-août 1939) n’ont pas été interrompus à cause du pacte de non-agression germano-soviétique d’août 39. Au contraire, l’URSS a conclu ce dernier parce que les Anglais et Français ont systématiquement saboté toute tentative de coopération loyale avec l’URSS pendant toute la durée des pourparlers tripartites. Anglais et Français sont en effet rentrés dans ces pourparlers à reculons, uniquement pour calmer leur opinion publique et faire traîner les négocia- tions, dans l’espoir de donner à Hitler le temps d’attaquer l’URSS. Dès 1937, les dirigeants anglais ont même adressé des supplications serviles au chancelier du Reich pour la signature d’un pacte quadripartite des « Quatre Grands » (Allemagne, Angleterre, France, Italie) qui laisserait aux nazis les coudées franches à l’est. L’URSS ne pouvant espérer de front anti-hitlérien, il fallut donc consentir à une paix séparée provisoire (et non à une alliance) avec l’Allemagne. Et c’est cette dernière qui en prit l’initiative. Il fallait pour l’URSS prévenir coûte que coûte la création d’un front capitaliste unique contre elle et re- tarder l’agression nazie pour mieux se préparer à la guerre future. L’URSS pesa le pour et le contre : bien qu’elle sût que cet accord serait utilisé pour attiser à l’Ouest les ressentiments antisoviétiques, elle décida que les avantages l’emportaient malgré tout. Si l’on peut vérifier, aujourd’hui comme hier, que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », Ivan Maïski rappelle que le camp socialiste, de par ses principes mêmes, a toujours dirigé ses efforts pour lutter en faveur de la paix. Il était en effet exempt de classes susceptibles de gagner quoi que ce fût de la guerre et, entièrement absorbé par la première expérience de construction du socialisme, il avait tout à perdre d’un conflit qui l’eût détourné de sa tâche. Référence : 978-2-915854-64-0
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Réponse à Michel Onfray
Au moment où l’ensemble de nos médias, à longueur d’ondes ou de colonnes banalisent quotidiennement le nazisme, criminalisant sans cesse le communisme, continuant à affirmer malgré toutes les preuves que les communistes ne sont entrés en Résistance qu’après l’attaque contre l’Union soviétique, il apparaît plus que jamais indispensable de mettre en évidence le rôle primordial joué par les communistes dans la libération de notre pays. Référence : 978-2-915854-86-2
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Résistances
Dans ces libres entretiens, Jean Salem revient, tout d’abord, sur une enfance dont le cours fut déterminé par les combats de ses parents, Henri et Gilberte Alleg. Combats pour l’indépendance de l’Algérie, pour la justice sociale et la victoire de l’idéal communiste, combats pour la cause de la paix, de la fraternité, de la liberté. Il évoque ses propres passions intellectuelles, son parcours académique, ainsi que le grand travail de conviction, de résistance aussi, qui fut nécessaire pour faire revivre à la Sorbonne, après trente années de plomb, l’étude de l’œuvre et de la pensée de Marx. En tirant, enfin, les enseignements des nombreux voyages qu’il effectue autour du monde en tant que militant et en tant qu’uni- versitaire, il livre ici ses réflexions sur la crise actuelle, sur la dégénérescence des gauches en Occident, et sur l’aggravation des tensions internationales. Référence : 978-2-915854-75-6
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Résister, c’est exister
« Pourquoi écrire un livre soixante-quatre ans après la libération des camps ? Si j’avais écrit ce livre dans les années suivant mon retour, ce qui est écrit sur ma déportation aurait été identique à aujourd’hui. Mais tous les événements que je peux relater avec mes réflexions et l’expérience peuvent davantage intéresser les lecteurs. Soixante-quatre ans, c’est vraiment toute une vie. Je pense que j’ai de nombreux projets à faire aboutir. Tant que je le pourrai, je continuerai à témoigner et à aller sur les lieux de mémoire. Ce qui est important aussi bien pour les jeunes générations que pour les familles qui nous accompagnent. Les jeunes générations pour les appeler à être vigilants sur les événements à venir. Quant aux familles, elles veulent connaître dans quelles conditions ont vécu les leurs. C’est pourquoi, tant que nous le pourrons, il faut continuer à être présents dans les voyages « Action Mémoire », avec l’association française Buchenwald – Dora et Kommandos. » Emile Torner est né en 1925 à Paris. Résistant, il fut déporté à Buchenwald et Langenstein. 135 pages Référence : 978-2-915854-22-0
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Rideau de fer sur le Boul’Mich
Il ne se passe guère d’année qui ne nous crédite de son lot de « révolutions orange » (Ukraine, Biélorussie, Tibet, Xinjiang, Bolivie, etc.). À ce rythme très soutenu, le système et ses porte-voix ne font que broder sur un canevas conçu trente ans plus tôt : l’opération qui, à l’Est, fit passer un demi-milliard d’individus d’une relative sécurité sociale à la jungle de la concurrence libre et non faussée. Les ex-Soviétiques y auront perdu dix ans d’espérance de vie et la diminution de moitié de leur production industrielle. Mais ils peuvent néanmoins jouir du droit formel d’aller vivre à Beverley Hills… Du mur de Berlin au mur de l’argent, Jean Salem retrace ici la saga grotesque et dramatique qui précéda ces événements, avec son ballet de belles âmes narcissiques et de dissidents sponsorisés. Quand les défenseurs de Solidarnosc jetaient un voile pudique sur les contras de Reagan… Quand Soljenitsyne vantait les mérites du franquisme et du Chili de Pinochet… Quand Mitterrand, ancien ministre de la guerre d’Algérie, inventait la « gauche morale »… Vingt ans après la victoire du « monde libre », il est temps de passer au crible les mécanismes de ce qui fut et demeure une véritable propagande de guerre. Référence : 978-2-915854-17-6
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Rompre avec le capitalisme, construire le socialisme
La suraccumulation durable du Capital est la maladie mortelle du capitalisme. Pour essayer de s’en sortir, les bourgeoisies dirigeantes ont inventé l’impérialisme et le capitalisme monopoliste d’État.Ce faisant, elles ont conduit les peuples de leur pays d’origine et ceux du monde entier dans de désastreuses impasses. Elles font aujourd’hui, avec le capitalisme monopoliste financier, une tentative ultime, vouée à l’échec. La suraccumulation durable du Capital est toujours là. Les bourgeoisies du monde capitaliste développé disposent encore d’une certaine force mais elles sont en recul et ne dirigent plus rien. La fin de l’impérialisme et l’expansion du socialisme sont donc à l’ordre du jour.Or il existe plusieurs façons d’expliquer ou d’aborder le socialisme. Celle adoptée par l’auteur est de le situer en continuité et en rupture avec les sociétés précédentes. La continuité serait que capitalisme et socialisme sont des sociétés marchandes. La rupture viendrait de ce que le marché capitaliste et le marché socialiste seraient radicalement différents. Le premier viserait à réaliser le profit maximum pour la minorité des capitalistes. Le second aurait pour but la satisfaction maximum de la majorité que forment les classes populaires. L’État prendrait appui sur la consommation finale et productive ainsi que sur les consommateurs pour nier la forme marchandise et construire une société d’abondance. Dans ce but, il développerait l’investissement et la productivité du travail de manière inédite tout en respectant les équilibres naturels. Jean-Claude Delaunay, né en 1938, économiste, professeur honoraire des universités, il vit aujourd’hui en Chine (Guangxi, Nanning). Il a déjà publié une dizaine de livres. Il est vice-président de la World Association for Political Economy (WAPE) et co-éditeur de la World Review of Political Economy, que publie cette association. Les éditions Delga ont déjà fait paraître son ouvrage Les Trajectoires chinoises de modernisation ; De l’Empire agro-militaire à l’État-Nation et au socialisme.
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Sans remords ni rancune
Peintre, céramiste, ouvrier d’art, architecte d’intérieur, décorateur de théâtre et de cinéma, créateur de mobilier, écrivain, critique d’art, Francis Jourdain fut tout cela, mais il fut aussi un homme mû par la passion de l’engagement. En témoigne son action au Secours populaire français dont il fut le président de 1945 à 1958, l’année de sa mort. Né en 1876 dans une famille de la grande bourgeoisie cultivée, Francis Jourdain baigne dès son enfance dans un milieu d’artistes et d’écrivains. Ami de Jules Vallès et de Louise Michel, son père Frantz Jourdain est un architecte reconnu dont le nom reste associé à la construction de la Samaritaine. Très jeune, grâce aux relations de ses parents, Francis Jourdain côtoie les grandes figures de l’époque, que ce soient des intellectuels (Émile Zola, Alphonse Daudet, les Goncourt) ou des artistes (Monet, Alexandre Charpentier, Toulouse-Lautrec). Pacifiste et antimilitariste dès sa jeunesse, il devient le gérant du journal anarchiste Le Libertaire. En 1912, il se rallie brièvement au PSU en compagnie de son « frère » Élie Faure. À la suite de la Révolution russe de 1917, il se rapproche des mouvements d’extrême gauche. Cofondateur avec Henri Barbusse des Amis de l’URSS, il est membre de la délégation française du Secours ouvrier international créé par Willy Münzenberg qui se rend en URSS en 1927 pour venir en aide aux victimes des pogromes et de la famine. Il s’engage de plus en plus dans le combat politique et adhère en 1932 à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR) auprès de Gide, Aragon, Barbusse et Vaillant-Couturier. Très actif dans le combat antifasciste, il fait partie de plusieurs comités d’aide aux Républicains espagnols. Résistant, il est pourchassé par la Gestapo pendant la Seconde Guerre mondiale et adhère au Parti communiste en octobre 1944. Dans ce livre de souvenirs, l’auteur nous plonge au coeur de l’effervescence artistique et intellectuelle de la France de la IIIe République. Le peintre que fut Francis Jourdain y démontre son talent de portraitiste. D’un chapitre à l’autre, nous voyons défiler tout ce que Paris comptait de personnalités, d’Octave Mirbeau à Claude Monet ou Paul Cézanne, sans oublier la mouvance anarchiste de l’époque. (d’après la préface de Jean-Louis Leconte). Référence : 978-2-915854-72-5
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Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants
L’unité a assuré, depuis la fondation du syndicalisme, la puissance et la cohésion de la classe ouvrière et des salariés. Elle fut la cible permanente du patronat national et de l’État à son service, secondés, à l’ère impérialiste, par leurs homologues allemands et américains : ces derniers, investisseurs de capitaux à l’étranger, avaient aussi besoin d’écraser les salaires, donc d’abattre la résistance ouvrière en en divisant les forces. Le camp patronal, unifié lui, trouva d’emblée d’efficaces alliés contre les syndicalistes combatifs dans les éléments réformistes, majoritaires dans les pays du « Centre » impérialiste. L’intervention étrangère se développa pendant les années 1930, où le Reich allemand organisa, y compris parmi les salariés, la non-résistance à son invasion puis à son exploitation directe des ressources des pays visés. Elle se déploya pendant la guerre, où les États-Unis préparèrent leur installation définitive en Europe en tout domaine, sphère syndicale incluse. L’immixtion de cette super-puissance, considérablement renforcée par le deuxième conflit mondial, emprunta partout des formes similaires. Une gigantesque corruption du syndicalisme « modéré » en assura précocement puis en consolida, via les dollars du Plan Marshall, le succès : témoignent ici d’une situation générale les exemples français, britannique et allemand. Avant-coureur d’une tutelle globale, le contrôle du syndicalisme, dans chaque pays et au niveau international, constituait la condition sine qua non d’une exploitation maximale des salariés européens. La transformation spectaculaire en loups- garous, via la propagande et la répression de « Guerre froide », des militants les plus combatifs, fort appréciés des salariés, surtout depuis la guerre, facilita et accéléra la réalisation de cet objectif. Annie LACROIX-RIZ, professeur émérite d’Histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot, a notamment publié : Aux origines du carcan européen, 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2016, Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013, Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine, Paris, Armand Colin, 2016, et La Non-épuration en France de 1943 aux années 1950, Paris, Armand Colin, 2019.
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Sovietica
Ce siècle (1917-2017) fut le théâtre, comme on sait, de l’affrontement de deux systèmes antinomiques, le capitalisme et le socialisme, mais aussi, corollairement, et ceci reste pour l’essentiel un impensé, de deux anthropologies antinomiques, homo oeconomicus et homo sovieticus, qui avaient poussé sans grand contact de chaque côté de la digue. En 1989-1991 les vannes ont été subitement ouvertes… À travers le présent récit autobiographique livré par une Soviétique, Irina Malenko, qui dut dans les années 90 émigrer aux Pays-Bas puis en Irlande, c’est le télescopage de ces deux anthropologies qui nous est raconté ; narration faite de va-et-vient entre elles, dans le temps et la géographie. Dans une véritable balade à ciel ouvert dans l’idéologie « libérale libertaire » (voir Michel Clouscard, Éditions Delga), essence ultime d’homo oeconomicus, Irina Malenko, qui ayant grandi en URSS a été de fait préservée de la contamination de cette chimère, montre un Occident malade de l’instant trivial même qu’il corrompt (la séquence logique production-consommation y est retournée pathologiquement en son inverse), et nous découvre en contrepoint homo sovieticus comme son édifiante « rédemption ». Comme tous les sondages en Russie aujourd’hui le montrent, les ex- Soviétiques regrettent majoritairement l’URSS et, ayant expérimenté à leur corps défendant et à leurs dépens les « miracles » du libéralisme débridé, ratifieraient sans aucun doute pour la plupart le point de vue anthropologique d’Irina Malenko. La publication de ce livre sans équivalent constitue un événement éditorial inédit majeur. ISBN 978-2-37607-150-1
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Théorie de la violence
Théorie de la violence (2008) est le dernier livre publié par Georges Labica. C’est aussi celui de son idée première, celle d’une pratique de la philosophie portée hors d’elle-même, prenant le parti de l’impensable, de l’infréquentable. Pour Labica, toute violence est en situation, prise dans une histoire. Aujourd’hui, ses formes sont modelées et redéfinies par la mondialisation. Celle-ci a effectivement mondialisé la violence, la part destructrice du capitalisme l’ayant, avec la financiarisation spéculative, emporté sur la part positive, que vantait le Manifeste, au point que le système en vient, sous nos yeux, à se phagocyter lui-même. Cette nouvelle édition comprend, outre une préface de Thierry Labica, les commentaires et réponses de l’auteur. Dans une réponse à Etienne Balibar, Labica concluait ainsi de façon prémonitoire : « Dans la crise actuelle (...) la violence est inévitable, tant est écrasant le poids des souffrances endurées. Or, si elle ne trouve pas une expression de masse consciente de la nécessité d’une alternative radicale, elle s’engluera dans des révoltes spontanées aisément réprimables et/ou rendra possible une sortie de crise capitaliste porteuse d’une violence plus grande encore. Aucun choix ne nous est laissé. » Georges Labica (1930-2009), philosophe français, ancien professeur à Paris-X Nanterre et directeur au CNRS. Spécialiste de philosophie politique, en particulier de l’histoire du marxisme, il codirige avec Gérard Bensussan le Dictionnaire critique du marxisme (PUF). Auteur de nombreux ouvrages, Labica s’est d’abord intéressé à la pensée d’Ibn Khaldoun, mais aussi de Lénine, Robespierre ou Antonio Labriola.
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Tuer une nation. L’assassinat de la Yougoslavie
Après le renversement du communisme en Europe de l’Est et en Union soviétique, la République fédérale de Yougoslavie est restée le seul pays de la région à n’avoir pas rejeté ce qui restait de son socialisme pour installer à la place un système de marché sans entrave à la pénétration du capital. La Yougoslavie avait en effet refusé l’ouverture totale de son économie, de son secteur public important et de ses ressources nationales à prix bradés aux investisseurs et aux créanciers internationaux. C’est pour cette dissidence face au catéchisme inquisiteur capitaliste, et pour rien d’autre, que la Yougoslavie fut attaquée, démantelée et dévastée. Bien sûr il a fallu habiller cette vérité concrète dans la narration mensongère imposée ad nauseam par les médias et les pouvoirs politiques occidentaux : enrôler la question ethnique pour servir des intérêts de classe, en diabolisant Milošević comme le génocidaire absolu, et arriver à faire croire, malheureusement même à l’honnête homme, que l’OTAN, pourtant bras armé du capitalisme prédateur, avait effectué une « conversion humanitaire ». L’on tenait enfin une « guerre juste », des bombardements capitalistes humanitaires ! Michael Parenti montre ici au contraire que la plupart des opérations de nettoyage ethnique à travers l’ex-Yougoslavie ont été perpétrées non pas par les Serbes mais contre eux ! Et que le « plus grand défi militaire » – d’après l’expression de Clinton – de l’histoire de l’OTAN, fut en fait un passage à tabac sadique d’un petit pays par les forces militaires les plus puissantes du monde. Et comble de déréliction pour les Yougoslaves : ces puissances occidentales, pourtant entièrement responsables de l’effusion de sang et de la dévastation, ont pu apparaître comme… des sauveurs ! Dès la fin de la Guerre froide donc, la nature hideuse du capitalisme, désormais ibéré de la bride que le monde communiste concurrent lui imposait jusqu’alors, a pu se révéler sans plus aucune retenue. Ces bombardements impitoyables sur la Yougoslavie furent les premières concrétisations d’une longue série d’agressions prédatrices réalisées par une institution non élue, l’OTAN, qui se place au-dessus des lois, des nations et des peuples. Préface de Diana Johnstone, auteure entre autres de La Croisade des fous. Yougoslavie, première guerre de la mondialisation, Le Temps des Cerises, Paris, 2005. Référence : 978-2-915854-65-7
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