De Husserl à Marx. Phénoménologie et matérialisme dialectique
Entre l’écueil d’un matérialisme vulgaire qui réduit la conscience à un simple mécanisme abstrait et celui d’un irrationalisme de la pure intériorité (Schelling, Schopenhauer, Kierkegaard, Bergson…), Tran Duc Thao reconnaît le mérite singulier de l’entreprise phénoménologique de Husserl qui en soumettant le vécu à une description méthodique d’une rare précision entendait esquisser la possibilité d’une étude scientifique de l’existence humaine. Néanmoins, Tran Duc Thao dénoncera la limitation de l’analyse phénoménologique à un vécu arbitrairement détaché de toute praxis humaine, purement « antéprédicatif », car les échanges entre l’homme et son milieu étant médiatisés par l’activité productrice humaine, le fondement de l’intentionnalité ne peut être décrit que par rapport à cette praxis et non coupée d’elle. Tran Duc Thao montre clairement qu’en dernière instance ce refus de thématiser l’activité concrète humaine comme devenir-sujet de la réalité objective n’est rien d’autre que l’expression de la répugnance naturelle des classes dominantes à reconnaître dans le travail – qu’elles exploitent –, la source véritable des significations auxquelles elles prétendent. Le marxisme s’est donc imposé à Tran Duc Thao comme la seule solution concevable des apories posées par la phénoménologie. Tran Duc Thao (1917-1993), philosophe marxiste vietnamien de renommée mondiale. Phénoménologie et matérialisme dialectique paru en 1951 est son ouvrage le plus célèbre. Le présent livre en constitue l’ultime version revue par l’auteur. Référence : 978-2-915854-45-9
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De la Pologne populaire à l’hiver capitaliste
Monika Karbowska nous montre de l’intérieur l’évolution de la pensée et des sentiments d’une jeune Polonaise éduquée dans la Pologne populaire souhaitant rompre avec ses pesanteurs sans imaginer que son pays ne puisse pas continuer à progresser… et constatant peu à peu, par la pratique, le piège qui se refermait sur l’ensemble de ses concitoyens. Dans le contexte d’une mondialisation qui avait déjà piégé la Pologne à cause de la spirale de l’endettement mais qui n’avait jusque-là qu’à peine effleuré les Polonais, protégés qu’ils étaient malgré tout par un rideau protecteur qui, à leurs yeux, n’était qu’un « rideau de fer » contraignant. Ce que cet ouvrage met fort à propos en parallèle avec les évolutions d’une gauche occidentale quelque peu déboussolée par la disparition des repères communistes et d’une Ukraine soumise à une fascisation beaucoup plus brutale sur fond d’hégémonie du capital occidental, en particulier allemand, qui a tendance à repousser les anciens pays socialistes vers la périphérie, et donc vers une sorte de tiers-mondisation. Monika Karbowska décrit comment, au cours de toutes ces années, elle est passée du constat factuel de la dégradation de la position de la femme en parallèle avec le retour d’un cléricalisme d’un autre âge à la remise en question de l’ensemble des transformations sociales et économiques en cours et à la prise de conscience de ce que représente le capitalisme tardif mondialisé en crise désormais structurelle. Il semblerait que désormais la reconstruction d’une véritable conscience politique en Pologne soit à l’ordre du jour. Ce qui peut d’ailleurs expliquer le raidissement des pouvoirs et la fuite en avant vers des répressions anticommunistes qui sont aussi radicales qu’elles sont ridicules, et somme toute inefficaces. ISBN 978-2-37607-147-1
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Défense du marxisme
Ce texte, traduit pour la première fois en français, est l’une des contributions les plus importantes et singulières au débat marxiste qu’ait apporté le monde latino-américain. Le point de départ est offert à l’auteur par le livre du social-démocrate belge Henri De Man, Au-delà du marxisme, qui fut à cette époque au centre du débat également en Europe (voir par exemple les Cahiers de prison d’Antonio Gramsci). Mariátegui souligne avant tout que les attaques contre le marxisme ne sont pas une nouveauté, mais ont accompagné au contraire tout son développement, depuis l’époque de Marx. En même temps, il ne refuse pas la nécessité de développer le marxisme au-delà des propositions de son fondateur. Mariátegui considère en effet que l’aspect le plus délétère du marxisme dominant à son époque est constitué par l’hypothèque positiviste qui pèse sur lui. Cette conception produit, selon lui, une vision fataliste de l’histoire qui conduit, sur le terrain pratique et politique, à l’inertie. D’où l’exigence d’une forte revendication de la subjectivité et de sa force de rupture. Son analyse des phénomènes culturels montre une profonde affinité avec Gramsci. Toute la dernière partie de Défense du marxisme est consacrée à la culture de la réaction. Mariátegui analyse ces tendances de l’intérieur, à travers certaines figures représentatives, surtout dans le cadre français. Il s’agit de la même méthode de recherche qu’il avait employée, quelques années auparavant, face au phénomène fasciste. Référence : 978-2-915854-71-8
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Denis Diderot, l’esprit des Lumières
Pendant près de vingt ans Denis Diderot a été le principal chef d’orchestre du projet encyclopédique. Ce monument des savoirs et des savoir-faire a pourtant éclipsé la riche pensée du philosophe de Langres. Une pensée qui ne sera connue que bien après sa mort… Denis Diderot, l’esprit des Lumières retrace l’oeuvre de l’auteur du Neveu de Rameau en la replaçant dans son temps, tout en soulignant sa profonde modernité. Avec la participation de : Annie Ibrahim – Philosophe, groupe d’étude sur le matérialisme rationnel. Paolo Quintili – Professeur d’histoire de la philosophie, Université Tor Vergata de Rome. Raymond Trousson – Professeur émérite, Université libre de Bruxelles.  
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Dix Jours qui ébranlèrent le monde
C’est dans Dix Jours qui ébranlèrent le monde que le monde a fait la connaissance de la révolution d’Octobre ; aujourd’hui encore il n’existe en aucune langue — pas même en russe — de meilleur livre sur le sujet. Vladimir Pozner J’ai lu avec un immense intérêt et la même attention jusqu’au bout le livre de John Reed : Dix jours qui ébranlèrent le monde. Je le recommande du fond du cœur aux ouvriers de tous tes pays. Je voudrais que cet ouvrage fût répandu à des millions d’exemplaires et traduit dans toutes les langues, car il donne un tableau exact et extraordinairement vivant d’événements qui ont une si grande importance pour l’intelligence de ce qu’est la révolution prolétarienne, de ce qu’est la dictature du prolétariat.
V. I. Lénine
Le meilleur écrivain américain de son temps. John Dos Passos Référence : 978-2-37607-108-2
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Ecritures d’Auschwitz
Le nom d’épouvante « Auschwitz » sert à symboliser la « destruction des Juifs d’europe » par les nazis, leurs alliés et complices. Une littérature multiforme lui est, sans relâche, consacrée depuis quelques décennies : psychanalytique, romanesque, poétique, de témoignage… Dans cet océan, l’auteur s’attache aux philosophes pour s’efforcer de cerner les raisons de la déception que leurs tentatives procurent. C’est que, à se tenir éloignés de la saisie des faits politiques et « culturels » qui ont pourtant présidé aux cruautés hitlériennes, la plupart des essais philosophiques semblent se satisfaire de ramener « Auschwitz » à des thèmes et notions aptes à détenir, selon ces auteurs, une portée bien plus élevée que toute connaissance précise de l’histoire multiforme et touffue désignée, par le vocable « le IIIe Reich », comme si son unicité était l’évidence même. Ces vastes vues se tourneraient vers l’ontologie (Agamben), vers la politologie (avec Arendt), l’histoire de la philosophie tout entière (avec Lévinas), l’éthique (avec Jonas). En revanche, des tentatives proprement artistiques parviennent selon de multiples voies à affronter « l’indicible » et « l’innommable ». De façon inévitablement partielle et partiale, l’essai s’attache à quelques œuvres afin de rendre hommage à leur auteur. Ainsi en va-t-il pour Jean Améry, pour Imre Kertész, Rosetta Loy et Sebald enfin. Chacune des œuvres s’attache à un moment, à une face de la tentaculaire entreprise génocidaire nazie ; à chaque fois, la persévérante élaboration poétique sans en masquer l’épouvante en brise cependant l’opacité. À l’obscurcissement que produit la défiguration « spéculative » de l’histoire, fait face la vérité de sa transfiguration artistique. Référence : 978-2-915854-62-6
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Entre la plume et le fusil. De l’intellectuel révolutionnaire en Amérique latine
ENTRE L’ARRIVÉE à La Havane des guérilleros vainqueurs de la Sierra Maestra et le renversement de Salvador Allende suivie la cascade de régimes dictatoriaux en Amérique latine, il y a quatorze années prodigieuses. Une période où tout semblait sur le point de changer. Pour les intellectuels, la volonté de transformation initiée par la Révolution cubaine constitua une invitation à agir pour accélérer ce cours de l’histoire, qui, comme on le pensait à cette époque, allait se conclure par l’épuisement du système capitaliste. L’intelligentsia latino-américaine voulait être l’acteur des nouveaux cours historiques ; les écrivains, tout particulièrement, se sentaient appelés à participer à la « libération de leurs peuples ». Cela signifiait qu’ils devaient se rassembler dans des identifications et des pratiques collectives. Le mot « intellectuel » se déclinait alors au pluriel. prix public : 26 euros ISBN 978-2-37607-155-6
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Entretiens (1949-1975)
Ces entretiens, pour la plupart inédits en français, et édités par Maria Grazia Chiarcossi pour le public hexagonal, offrent un complément indispensable à la découverte de l’un des artistes majeurs du siècle passé et dont la profondeur de réflexion nous est devenue désormais indispensable, vitale. On retrouvera les thèmes essentiels chers au poète italien, qui partent des recherches menées sur la langue et le style pour aboutir à la défense poétique de l’humanité ravagée par le néocapitalisme. On y lira aussi des réflexions sur marxisme et christianisme, sur son enfance, sur la révolte des étudiants de 1968 vue comme lutte interne à la bourgeoisie, sur son engagement communiste et humaniste, sur les ravages du développementisme au détriment du progrès. Édition établie par Maria Grazia Chiarcossi Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio Présentation éditoriale par Aymeric Monville Prix public 26 euros ISBN 978-2-37607-161-7
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Epistémologie et philosophie politique. Pour une théorie de la liberté.
« Nous vivons actuellement un phénomène d’acculturation fondamentale, résultat du développement de la société capitaliste et qui, si on l’imagine développé jusqu’à ses limites, pourrait conduire à un automatisme social tel, que la vie culturelle deviendrait tout à fait superflue. » Référence : 978-2-915854-91-6
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Ernst Bloch et les douze thèses de Marx sur Feuerbach
Ernst Bloch (1885-1977) est incontestablement le grand penseur néo-marxiste allemand du xxe siècle dont le nom est inscrit dans l’histoire de la philosophie moderne et contemporaine comme celui d’un rénovateur de la pensée critique et du marxisme qui a énormément enrichi la pensée critique contemporaine, notamment avec sa grande trilogie Le Principe Espérance, une oeuvre monumentale qui a le mérite d’avoir établi d’une façon extrêmement originelle un inventaire des pensées et contenus utopiques et d’avoir formulé aussi une philosophie du préapparaître utopique, de l’utopie concrète et de la praxis qui a été esquissée dans l’intention d’opposer au marxisme vulgaire et à un marxisme-léninisme dogmatisé une pensée marxiste critique plus vivante, inspirée certes de Marx et de Hegel, mais non pas seulement de Marx, dans l’horizon précisément d’une « utopisation du monde » et de la transformation du monde en un chantier d’expérimentations pour l’imagination utopico-concrète. ISBN 978-2-37607-139-6
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Et pour quelques bobards de plus
L’histoire de l’Union soviétique – si elle mérite encore le nom d’histoire – se caractérise dans notre pays par l’absence de débat contradictoire. Le consensus politique veut que la droite attaque Staline comme incarnation-repoussoir de tout système socialiste et la gauche, comme symbole du fourvoiement de nobles idéaux. Imperturbablement donc, les opérations de propagande se suc- cèdent sur le mode du film d’horreur, du « Tyran rouge » à l’« Ombre de Staline » et ce, jusqu’à l’eschatologique « Apocalypse Staline ». L’actuelle réactivation des vieux « bobards » colportés par la guerre froide vise manifestement à exclure les communistes de l’espace public. Elle entre néanmoins en contradiction avec la tendance actuelle, liée à l’ouverture des archives de l’URSS, qui fait litière d’un certain nombre de légendes noires. C’est donc à une contre-enquête comparative que s’emploie ce livre.Étayée par une proximité avec de nombreux chercheurs et fruit d’une activité éditoriale concernant l’Union soviétique de près de quinze ans, cette entreprise n’est pourtant pas dépourvue d’un esprit polémique et partisan. Mais quand le Parlement européen n’hésite plus, désormais, à décréter une équivalence entre nazisme et communisme, n’est-ce pas plutôt cette apparente « impartialité », indifférente à ce que Hitler ait gagné ou non en 1945, qu’il conviendrait d’interroger ? AYMERIC MONVILLE, né en 1977. Éditeur depuis quinze ans de nombreux ouvrages sur l’URSS qui n’ont cessé d’alimenter sa réflexion, il est aussi l’auteur de plusieurs essais de philosophie politique : Misère du nietzschéisme de gauche, L’Idéologie européenne, Le Néocapitalisme selon Michel Clouscard, Les Jolis grands hommes de gauche, ainsi que d’une enquête sur l’état actuel de la liberté d’expression : Julian Assange en danger de mort.
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Évolution : la preuve par Marx
La théorie moderne de l’évolution, compromis temporaire entre darwinisme de tendance matérialiste et génétique de tendance idéaliste, est en « crise de croissance », à l’heure où les généticiens de laboratoire eux-mêmes ne croient plus à la définition classique que l’on donne au gène, et lui préfèrent une prometteuse « épigénétique »… Sans voir qu’il s’agit là de redécouvertes d’agronomes soviétiques, hier tant vilipendés pourtant. Ces derniers avaient en effet eu le tort de critiquer la corruption idéaliste des thèses de Darwin par la génétique, lui préférant ce qu’ils considéraient comme la forme la plus haute du matérialisme : le matérialisme dialectique. Depuis l’époque de Darwin et de Marx, une tradition de critique des nouvelles théories scientifiques par les marxistes, s’est perdue entre l’excès d’arrogance des lyssenkistes et l’excès de révérence d’un Althusser par exemple, laissant, comme à chaque « crise scientifique », l’ombre du créationnisme obscurantiste refaire surface. À la lumière des dernières avancées de la biologie, il est temps de proposer à la critique une grille d’interprétation des faits nouveaux dans une définition réellement « matérialiste dialectique » de la vie, rendant son évolution aussi nécessaire que ses capacités à résister aux changements. Si on ressuscite la science marxiste pour comprendre la crise financière planétaire actuelle, il est temps d’admettre qu’elle peut aussi se rendre utile dans bien d’autres disciplines pour éclairer notre monde. Préface de Georges Gastaud, professeur agrégé de philosophie. Référence : 978-2-915854-93-0
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