Hobbes et la nature de l’Etat
Instigateur au xviiiie siècle de la modernité politique, le philosophe Thomas Hobbes fut le premier à dévoiler le lien indissoluble entre souveraineté populaire et pouvoir d’État. Son credo épistémologique était : « La raison est le pas, le progrès de la science la route, et l’avantage du genre humain le but ». Autant admirées que violemment combattues, ses oeuvres politiques finirent parfois au bûcher par suspicion de propager l’athéisme. Aujourd’hui encore, les idées reçues sur l’auteur du Léviathan sont nombreuses et son matérialisme fragmenté et dénaturé. Lilian Truchon restitue d’une façon totalement inédite la cohérence de la pensée de ce philosophe, articulée en trois temps comme elle fut conçue à l’origine : le corps, l’homme et le citoyen. Hobbes reste d’actualité non seulement pour penser de façon réaliste le rôle de l’État mais aussi pour comprendre le passage dialectique entre le naturel et l’artificiel, entre la nature et la civilisation, sans faire appel à une métaphysique de la rupture et des commencements absolus. C’est aussi l’occasion de proposer une juste évaluation du « matérialisme mécaniste » à l’âge classique, de repenser les rapports classiques entre liberté et nécessité, et enfin de présenter, sans la mutiler comme c’est souvent le cas, la théorie de l’État chez Marx et Engels, les deux penseurs majeurs qui ont envisagé en matérialistes le rôle de l’institution étatique à la suite de Hobbes. ISBN 978-2-37607-136-5
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Hommage à Paul Boccara
Les recherches de Paul Boccara constituent un apport considérable à la pensée marxiste et à la vie intellectuelle et politique du xxe et du xxie siècles. Dès ses premiers travaux des années 1960, il élabore la théorie du capitalisme monopoliste d’État, émancipée des dogmatismes de la version soviétique du marxisme imposés jusque-là au mouvement communiste. Ce sont aussi ses travaux sur les crises et particulièrement sur la crise systémique actuelle, qu’il a repérée et analysée dès 1967-1968, sur les cycles longs et les transformations historiques du capitalisme. Dès 1971, ce sont ses recherches sur une nouvelle régulation. En 1983, il formalise le concept de révolution informationnelle avec ses antagonismes et ses potentialités. Ses travaux, si actuels, pour de nouveaux critères de gestion des entreprises et des services publics exigent de nouveaux droits des salariés. Son projet de sécurité d’emploi et de formation constitue une étape majeure de ses recherches et propositions pour sortir du chômage Parallèlement, il mène ses recherches novatrices pour une autre création monétaire, un nouveau crédit, ainsi que pour une autre mondialisation et une autre construction européenne. Tandis que le concept d’anthroponomie qu’il a fondé, formalise un système de relations entre les êtres humains : parentales, travail, politique, vie culturelle et psychique. Il débouche sur ses recherches pour une nouvelle civilisation. ISBN 978-2-37607-152-5
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Iejov contre Staline
Dans ce livre, Grover Furr répond aux questions centrales concernant les répressions de masse en Union soviétique en 1937-1938 connues sous le nom de « Iejovchtchina » (la triste période de Iejov) ou, par les anticommunistes, « la Grande Terreur » : – Qui en fut la cause ? – Des centaines de milliers de victimes innocentes ont-elles trouvé la mort ? – Joseph Staline était-il responsable de ces meurtres, comme cela est universellement revendiqué ? – Si – comme l’examen nous incite à le conclure – Staline était innocent et a effectivement mis un terme à ce crime massif, pourquoi Iejov et ses hommes ont-ils pu continuer à tuer de nombreuses personnes innocentes pendant plus d’un an ? La présente étude répond à ces questions. Le professeur Furr a étudié toutes les preuves disponibles, la plupart dans des archives soviétiques autrefois secrètes. Il propose des traductions originales de documents historiques essentiels et une analyse détaillée de leur signification dans une synthèse importante qui éclaire enfin l’un des événements clés de l’histoire soviétique. Référence : 978-2-37607-135-8
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Inédit d’Aragon : la crise de Munich
Aragon n’est pas seulement un poète et un romancier, il est aussi un journaliste et on ne saurait véritablement l’apprécier dans toutes ses dimensions sans avoir pris connaissance de ses articles de journaux. Ceux qui ont été publiés dans Ce soir sous le titre Un jour du monde à partir de septembre 1938 ont une importance particulière parce qu’ils donnent son point de vue sur une période capitale, celle qui mène à la Seconde Guerre mondiale. Ils étaient jusqu’à présent disponibles seulement dans les bibliothèques spécialisées. Les Annales les présentent. Ce numéro concerne la crise de Munich. ISBN : 978-2-37607-141-9
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Je sens que ça vient
« La révolution n’est pas un dîner de gala », énonçait le président Mao. Peut-être pas, mais à lire ce qu’Eric Hazan et ses pareils écrivent sur celle à venir, on a l’impression qu’elle aurait presque l’air d’une partie de plaisir. Les ouvrages qu’ils rédigent à son sujet pourraient être, à cet égard, rangés dans une bibliothèque rose d’un nouveau type, et plus du tout rouge et noire comme jadis.
Blocage de tous les flux, paralysie générale du système, le pouvoir « s’évapore » : telle est la dernière mouture stratégique en date coproduite par les forçats du concept à La Fabrique pour en finir avec le capital et l’Etat. C’est la révolution sans pleurs ni grincements de dents.
Référence : 978-2-915854-97-8
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Jean-Jacques Rousseau, le commencement d’un monde
Dans la nuit du 6 au 7 septembre 1765, suite aux polémiques qui ont suivi la publication du Contrat social et de L’Emile, la maison de Jean-Jacques Rousseau est lapidée à Môtiers, en Suisse. La vie de Jean-Jacques Rousseau aura été marquée par des désaccords, des querelles et des incompréhensions. En effet, sa pensée marque à la fois un aboutissement et une rupture avec l’idéal des Lumières. Si avec Voltaire un monde finit, avec Rousseau, un monde commence. Commence l’irruption du peuple dans la politique, la recherche de la liberté et de l’égalité. Commence alors notre modernité. Le documentaire s’attache ainsi à présenter l’itinéraire et les idées d’un philosophe atypique du siècle des Lumières. Avec la participation de Dominique Pagani
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Jean-Jacques Rousseau, l’avortement du capitalisme
Rousseau passe pour être un « moraliste » peu sensible aux questions économiques, et englué dans un passéisme campagnard, aveugle aux promesses de la société industrielle naissante. Cette réputation est largement fautive. En vérité, Rousseau a mené un combat total contre cette nouvelle société qu’il a parfaitement identifiée à partir de sa lecture de Mandeville, le premier philosophe du capitalisme ; un combat sur tous les terrains : anthropologie, philosophie, économie et politique. Il a compris que la finance allait enfanter un monde injuste et tyrannique, un monde qu’il a voulu empêcher de naître. Le texte « Rousseau, avorteur du capitalisme » est accompagné d’articles sur les femmes, l’éducation, la causalité, la Corse… Référence : 978-2-915854-69-5
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Khrouchtchev a menti
Dans son « rapport secret » de février 1956, Nikita Khrouchtchev a accusé Joseph Staline de crimes immenses. Le rapport a porté un coup terrible au mouvement communiste international, il a changé le cours de l’histoire. Grover Furr a passé une décennie à étudier le flot de documents provenant des anciennes archives soviétiques et publiés depuis la fin de l’URSS. Dans cette étude approfondie du rapport Khrouchtchev, il révèle les résultats étonnants de son enquête : pas une seule des « révélations » de Khrouchtchev n’est exacte ! Le discours le plus influent du axe siècle – sinon de tous les temps – s’avère une escroquerie. Les implications pour notre compréhension de l’histoire de la gauche sont immenses. En fondant leurs oeuvres sur les mensonges de Khrouchtchev, les historiens soviétiques et occidentaux, notamment les trotskistes et les anticommunistes, ont véritablement falsifié l’histoire soviétique. Presque tout ce que nous croyions savoir sur les années Staline est à revoir. L’histoire de l’URSS et du mouvement communiste est à réécrire complètement. Khrouchtchev a menti est un livre magnifique, un formidable travail de recherche et de raisonnement, clair et précis dans son écriture et palpitant dans ses découvertes et conclusions. En ce qu’elle revisite de vieilles sources et utilise le nouveau matériau des archives soviétiques, l’étude de Grover Furr exige de repenser complètement l’histoire soviétique, l’histoire du socialisme et même l’histoire mondiale du XXe siècle. Roger Keeran, professeur d’histoire à l’Empire State College de New York, co-auteur de Le Socialisme trahi : les causes de la chute de l’Union soviétique Grover Furr a rendu un fier service au champ des études soviétiques en s’attaquant en profondeur au rapport secret de N. Khrouchtchev de 1956. […] Alors que certaines accusations lancées par Khrouchtchev ont depuis longtemps été rejetées par l’Occident et la Russie, par exemple l’idée que le chef de la police secrète Lavrenti Beria était un agent étranger, de nombreux autres points soulevés par G. Furr sont nouveaux et méritent une attention renouvelée. Robert W. Thurston, professeur d’histoire, Miami University ; auteur de Life and Terror in Stalin’s Russia, 1934-1941 (Yale University Press, 1998). Référence : 978-2-915854-68-8
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L’Assassinat de Jules César
Pourquoi une coterie de sénateurs romains a-t-elle assassiné un des leurs, un aristocrate et dirigeant renommé, Jules César ? L’opinion qui domine parmi les historiens, aussi bien les anciens que les modernes, est que les sénateurs avaient l’intention de restaurer les libertés républicaines en supprimant un usurpateur despotique. Dans ce livre, je présente une autre explication : les sénateurs aristocrates ont tué César parce qu’ils le percevaient comme un diri- geant populaire qui menaçait leurs intérêts et privilèges. Le péché de César ne fut pas de renverser la Constitution romaine, consti- tution non écrite, mais de desserrer l’emprise autoritaire que l’oligarchie exerçait sur elle. Pire encore, il a utilisé le pouvoir d’État pour accorder des prestations limitées aux petits fermiers, aux débiteurs et au prolétariat urbain, aux frais de la riche minorité. Peu importe que ces réformes se soient avérées limitées, les oligarques ne le lui ont pas pardonné. César connut ainsi le même sort que d’autres réformateurs romains avant lui. Voici donc une histoire de latifundia et d’escadrons de la mort, de maîtres et d’esclaves, de patriarches et de femmes subordonnées, de capitalistes auto-en- richis et de provinces pillées, de marchands de sommeil et d’émeutiers urbains. Voici la lutte entre quelques ploutocrates et la multitude des indigents, des privi- légiés contre le prolétariat, mettant en vedette des politiciens corrompus et des élections motivées par l’argent et l’assassinat politique des dirigeants populaires. Je laisse au lecteur le soin de décider si tout cela peut entrer en résonance avec le caractère de notre époque. Un livre provocateur et éloquent. Howard Zinn Référence : 978-2-37607-110-5
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L’Autre Voie pour l’humanité
L ’Autre Voie pour l’humanité, réunit des points de vue pluriels d’auteurs-militants de toutes disciplines et d’horizons politiques différents, convergeant vers la nécessité de construire une société plus humaine hors des arcanes du capital. Dans ces moments de crise généralisée et de nouveaux bruits de bottes, il n’est ni banal, ni fréquent d’ouvrir grande la porte à l’expression collective d’une communauté intellectuelle et militante qui avance en toute liberté des idées aussi fortes que celles qui consistent à creuser dans le sol encore noir du réel le sillon neuf d’une réalité plus fraternelle. On les pensait encore sommeillant sur le bord des rives étroites et sombres d’un néolibéralisme s’imaginant triompher, et les voilà ouverts à des pensées qui portent la réflexion d’une autre voie par laquelle un nouveau monde est possible. Car rien n’est plus utile en ces temps de déconstruction radicale que de penser critiquement le capitalisme et d’apporter les outils d’une diversité militante qui propose à chacun et à tous d’agir en conscience contre cette hégémonie de classe qui aliène l’homme et détruit l’environnement naturel pour la seule et inique accumulation du capital. Et ne serait-ce que pour ces brins de raison et d’espoir apportés dans le chaos de la marchandisation absolue, comme le dit si bien Éluard dans Derniers poèmes d’amour : « La nuit n’est jamais complète Il y a toujours puisque je le dis Puisque je l’affirme Au bout du chagrin une fenêtre ouverte Une fenêtre éclairée Il y a toujours un rêve qui veille Désir à combler faim à satisfaire Un cœur généreux Une main tendue une main ouverte Des yeux attentifs Une vie la vie à se partager. » Prix public 20 euros ISBN 978-2-37607-157-0 Les cent auteurs sont : Acot, Andréani, Assante, Astier, Beitone, Ben Ayed, Benhaim, Benjelloun, Bertile, Bilski, Bihr, Bouanani, Bras, Broda, Bruyère, Caron, Charvin, Chastenet, Christofol, Collin, Combes, Corcuff, Coupechoux, Cukier, De Pascale, Di Ruzza, Drweski, Ducange, Duclos, Dupeyron, Dupret, Durand, Etiévent, Faïta, Ferrière, Flamand, Fovet, Frabetti, Friot, Gastaud, Gaudichaud, Gautero, Gaxie, Genevée, Gerbeau, Ghasarian, Glaymann, Gori, Guénoun, Gürsel, Hedde, Hemet, Herrera, Hoareau, Iafelice, Ivorra, Jules, Lapointe, Laurent, Lenormand, Le Puill, Löwy, Masson, Mayer, Mileschi, Mills, Miqueu, Montellier, Morilhat, Obadia, Page, Palheta, Panitch, Pellicani, Pereira, Pfefferkorn, Pigenet, Politzer, Poltier, Pornon, Porteilla, Pouzat, Prone, Pujo, Quiniou, Richaud, Rizk, Ruscio, Saint-Paul, Sanchi, Sauret, Schwartz, Serre, Sirot, Streiff, Testart, Villeneuve, Vitale, Viveret, Wharton, Zarka, Zekri
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L’ère de Staline
Quatre mois après ma visite en août, la production avait atteint un nombre stable de cent dix tracteurs par jour. C’était « conforme au plan ». La guerre pour le premier laminoir soviétique était gagnée. Douze ans plus tard, les hommes de l’usine de tracteurs « Stalingrad » repoussaient les armées de Hitler, sur les ruines de leur usine, à bord de leurs propres chars. Référence : 978-2-915854-84-8
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La capitalisme de la séduction
La crise actuelle s’avère l’ultime expression de la négation du procès de production : prévalence des actionnaires sur les producteurs, prépondérance des services en Occident et « usine du monde » délocalisée partout ailleurs etc. Si cette négation tyrannique a été intériorisée même par ses victimes, c’est qu’elle est au résultat de ce long dressage que réalisa le « libéralisme libertaire », dont Michel Clouscard a le premier théorisé le concept. Pour faire pièce au progressisme issu de la Résistance, écouler les surplus, il s’agissait pour le capitalisme, avec le Plan Marshall, de créer un modèle « permissif pour le consommateur », mais toujours aussi « répressif envers le producteur ». Ce fut alors d’une part l’initiation d’un « marché du désir », dont le Mai 68 sociétal a été ensuite le promoteur décisif, et qui eut tôt fait de réduire le désir au marché, et d’autre part le surgissement de nouvelles couches moyennes, tampon entre le capital et le travail et cibles de ce marché. Le modèle de consommation libidinal, ludique et marginal pour le happy few fut alors décrété seul horizon d’émancipation. « Tout est permis mais rien n’est possible. » Relire cette œuvre monumentale, c’est donc se réapproprier notre histoire jusqu’à la crise actuelle. Référence : 978-2-915854-13-8
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