La raison historique du capitalisme n’est autre que celle d’avoir réuni dans un temps bref toutes les conditions, matérielles, politiques, idéologiques et morales qui imposent son dépassement.
J’ai toujours partagé ce point de vue que je crois être celui de Marx, depuis le Manifeste jusqu’aux premiers temps de la Seconde Internationale vécus par Engels. Les analyses que j’ai proposées, concernant la longue maturation du capitalisme – dix siècles – et les contributions des différentes régions du monde à cette maturation (la Chine, l’Orient islamique, les villes italiennes puis enfin l’Europe Atlantique), son apogée courte (le xixe siècle), enfin son long déclin qui se manifeste par les deux longues crises systémiques (la première de 1890 à 1945, la seconde à partir de 1975 jusqu’à ce jour) ont l’ambition d’approfondir ce qui chez Marx n’était qu’une intuition.
Cette vision de la place du capitalisme dans l’histoire a été abandonnée par les courants « réformistes » au sein du marxisme de la Seconde Internationale puis en dehors du marxisme. On lui a substitué une vision selon laquelle le capitalisme n’aura accompli sa tâche que lorsqu’il sera parvenu à homogénéiser la Planète sur le modèle de ses centres développés. En persistant dans cette voie sans issue parce que le déploiement mondialisé du capitalisme est par nature polarisant, on substitue à la transformation du monde par la voie révolutionnaire la soumission aux vicissitudes mortelles d’une décadence de la civilisation.

Prix public 10 euros
ISBN 978-2-37607-138-9

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