L’idéologie anglaise. De l’empirisme au positivisme logique
Maurice Cornforth (1909-1980), élève de Wittgenstein à Cambridge puis théoricien majeur du marxisme anglais, décrit ici magistralement l’homogénéité idéologique des courants philosophiques qui traverseront l’Angleterre de la Révolution bourgeoise, à la Révolution industrielle jusqu’au capitalisme actuel. Ils sont en dernière analyse la réponse au dilemme bourgeois : comment utiliser les voies de la science – nécessaires à la production capitaliste – tout en empêchant cette science de montrer la véritable nature des forces à l’œuvre dans la société humaine, sous peine de ruine pour la bourgeoisie. Ce dilemme sera surmonté à travers l’empirisme puis la logique moderne, qui proposeront l’alternative, différemment déclinée selon les conditions historiques : la thèse qui veut que les impressions sensorielles et les idées soient les uniques objets de la connaissance et que la structure et le mouvement objectif des choses soient une illusion car invérifiables. Cette alternative est suffisante à la fois pour faire tourner les manufactures et pour récuser toute prétention à identifier les causes réelles derrière les apparences. Alors, les contradictions et les forces motrices réelles à l’œuvre dans la société restent dissimulées derrière la façade de la conscience sociale et ne sont jamais autorisées à paraître. Référence : 978-2-915854-19-0
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L’idéologie anglaise. Le positivisme, le pragmatisme
Maurice Cornforth montre, que suite aux progrès de la science au XIXe siècle, opposer à la conception matérialiste de la connaissance, de la nécessité, d’un sens – racine des idées socialistes –, celle de l’idéalisme ancien, n’était plus tenable. Sur la défensive donc, la philosophie impérialiste dut reformuler les vieilles idées en leur donnant l’apparence de la « scientificité », du « naturalisme », afin de renouveler la guerre contre le matérialisme, mais cette fois, à travers lepositivisme et le pragmatisme, en niant carrément en bloc la connaissance, la nécessité, le sens.
En effet, pour Maurice Cornforth, ces philosophies, héritières directes de l’empirisme anglais du XVIIIe siècle, voient le monde comme une collection de faits, d’ « actions qui marchent », d’événements atomiques dont la seule connaissance qu’on peut en avoir ne doit pas aller au-delà de l’établissement de règles pour prédire des sensations ou des actions qui rapportent et en aucun cas prétendre refléter adéquatement la réalité objective. Le positivisme et le pragmatisme peuvent alors interdire de fait la compréhension matérialiste du mouvement, de l’histoire et des interconnexions réels du monde et donc empêcher de transformer ce dernier à la lumière de cette compréhension.
Référence : 978-2-915854-36-7
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L’idéologie anglaise. Wittgenstein et la « philosophie du langage »
Dans cette critique sans équivalent, Maurice Cornforth montre que le trait spécifique de la philosophie de Wittgenstein et de ceux qui l’ont suivi, ne réside pas tant dans ce qu’elle affirme, à savoir que la signification d’une expression verbale se résume à la détermination de son usage – prémisse tout à fait correcte –, que dans ce qu’elle en conclut par un précipité idéologique : la vanité de tout effort accompli dans le sens d’une rationalisation de ces usages, soit de la philosophie, et surtout de toute théorie générale de l’homme et de la société. On comprend qu’au XXe siècle, et notamment dès le début de la Guerre froide dans le monde anglo-saxon libéral, hanté comme ailleurs en Occident par le spec-tre du progrès social, la « philosophie du langage » prit un tel essor qu’elle y est devenue la philosophie dominante. Référence : 978-2-915854-25-1
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L’oubli de la raison
Au sortir des Lumières et de l’écroulement de l’ordre ancien, la bourgeoisie accédant au pouvoir, décide de confisquer le savoir à son profit et n’aura de cesse de se retourner contre la rationalité, la modernité scientifique, la vision laïque du monde et leurs conséquences révolutionnaires. Juan José Sebreli montre ici, à l’échelle des deux derniers siècles, de Schelling à Derrida, de Schopenhauer à Deleuze, de Nietzsche à Foucault, d’Heidegger à Lacan, de Dostoïevski à Bataille, de Jung à Barthes, de Lévi-Strauss à Althusser, la cohérence accablante d’un dispositif idéologique dont l’apparente diversité ne doit pas masquer le profond dénominateur commun : à travers la négation de l’histoire, du sujet, de la raison, de l’universel, du signifié, l’irrationalisme consiste à entraver le libre développement de la pensée discursive qui tend à la remise en cause des rapports de production capitalistes. Ce jeu de massacre s’accomplira à travers la prédominance hégémonique du signifiant sur le signifié, de l’invariant sur le changement, de la singularité sur l’universalité, du sociétal sur le social, de l’inconscient sur le conscient, de la structure sur le sujet, du synchronique sur le diachronique, du mythe sur l’histoire, du fragment sur le système, de l’ineffable sur l’explicite, des instincts dionysiaques sur la rationalité apollinienne, du particulier sur le collectif, etc. Ce dressage idéologique nous laisse aujourd’hui fort démunis face à une barbarie qui a décuplé dans un monde devenu désormais unipolaire : antisocial et impérialiste décomplexé. Cet ouvrage s’avère donc salutaire pour quiconque entend résister, en « déconstruisant » (réellement ce coup-ci) la mystification idéologique qui nous a conduits là, et en inversant la « transmutation des valeurs » opérée par l’irrationalisme contre-révolutionnaire. Référence : 978-2-915854-48-0
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Marx et l’amérique latine
Publié initialement en espagnol en 1980 et devenu depuis un classique, Marx et l’Amérique latine est une œuvre fondatrice de la pensée progressiste latino-américaine. Il ouvre un espace de réflexion complètement nouveau sur les formes spécifiques de la réception du socialisme en Amérique latine. À travers une lecture contextuelle virtuose, José Aricó étudie les raisons d’une méprise, d‘une mésentente entre Marx et cette réa- lité du monde, phénomène d’autant plus étrange qu’il s’agit du continent qui verra naître le Che Guevarra.Il est en effet incontestable que le peu d’attention que Marx et Engels ont porté à l’Amérique latine a d’abord pesé lourdement sur le destin théorique du continent au sein de la tradition socialiste. De même, le pamphlet hâtif de Marx contre Simón Bolívar ou l’éloge étonnant de l’invasion du Mexique par les États-Unis sous la plume d’Engels n’ont guère pu aider les disciples à appréhender la réalité nationale de l’Amérique latine.Mais peut-on se satisfaire d’une telle reconnaissance des faits, sans se demander ce qu’ils signifient, non pas quant à la réalité latino-américaine mais quant au corpus théorique marxiste ? Plus qu’à un simple exercice de philologie érudite, c‘est à une confrontation avec la validité des positions de Marx dans son examen des sociétés non typiquement bourgeoises que l’auteur nous convie.

Préface de Martín Cortés. Traduit de l’espagnol par Luis Dapelo.

  José M. Aricó,né en 1931 en Argentine et décédé en 1991 dans ce même pays après un long exil au Mexique, José Aricó fut le principal introducteur et traducteur de Marx et de Gramsci en Amérique latine et l’auteur d’essais aussi stimulants qu’iconoclastes comme La Queue du diable ; l’itinéraire de Gramsci en Amérique ou le présent livre, dont c’est ici, après la parution des versions portugaise et anglaise, la première traduction en français.
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Marxisme et Universalisme
Faut-il continuer d’opposer, comme y invite l’opinion dominante, l’universalisme des « droits de l’homme » au particularisme des classes sociales, des nations ou des « civilisations » ? À l’inverse, « la » nation et l’« humanité », et en conséquence, le patriotisme et l’humanisme, ne sont-ils pas secrètement divisés par des fractures de classes bien réelles dont doit tenir compte toute stratégie progressiste ? Quant à la lutte des classes, dans laquelle les dominants ont provisoirement conquis l’initiative historique, n’est-elle pas le levier paradoxal par lequel le genre humain peut réellement s’unifier au lieu de s’abandonner au faux universalisme de la « construction européenne » et du « transatlantique », ce particularisme du riche qui voudrait imposer au monde une seule pensée et une seule langue ? C’est à quoi ce livre invite à réfléchir à travers une série d’articles sur la lutte des classes, la nation, l’exterminisme capitaliste, mais aussi sur le devenir de la France et de la langue française. Référence : 978-2-915854-77-0
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Négritude et négrologues
1972 : démystifiant les approches fantasmatiques de l’Afrique, Négritude et Négrologues dénonce la pensée unique des chantres de l’« authenticité » et de l’« âme noire ». Ces thuriféraires de la négritude, en particulier Léopold Sédar Senghor, ont pu se prévaloir des effets émancipateurs du thème, à l’heure des Indépendances ; pour mieux asseoir leur pouvoir personnel, au plus grand profit des anciennes puissances coloniales. Si l’on considère aujourd’hui les convulsions opérées au nom de ce discours — l’écroulement du mobutisme, par exemple —, on mesure l’éton- nante actualité d’un texte aussi décapant que prémonitoire. Un quart de siècle avant que soit banalisé le concept de « mondialisation », Stanislas Adotevi démonte les mécanismes idéologiques qui ont conduit à la margi- nalisation de l’Afrique dans l’économie du Développement. préface de Dominique Pagani Ancien professeur de philosophie. Musicologue, il a dirigé le Centre de formation et de promotion musicale de Niamey. Référence 978-2-37607-116-7 nbre de pages : 216
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Néo-fascisme et idéologie du désir
Pour Michel Clouscard, l’ensemble capitaliste se découpe séquentiellement en libéralisme classique, national-socialisme et néo-libéralisme. Chaque métamorphose correspond à une exigence pour sauver le capitalisme des crises et donc du communisme. Après le plan Marshall et Mai 1968, les idéologues des secteurs pilotes comme l’audiovisuel, la mode, les loisirs, vont promouvoir avec succès la consommation d’émancipation transgressive comme prétendu combat d’avant-garde contre le néo-capitalisme. Ce qui assurera de formidables nouveaux profits et la neutralisation de la lutte des classes. L’Anti-Œdipe de Deleuze/Guattari paru en 1972 en exprimera l’exaltation maximale. Michel Clouscard montre ici que la polémique avec ce dernier maillon des générations bourgeoises est la clé qui permet de révéler l’anthropologie bourgeoise totale. Il montre que l’idéologie transgressive, qui a pour fonction d’habiliter la consommation parasitaire et de prôner un activisme anti-étatique, est une transition vers une anthropologie néo-fasciste : l’opposition y est réduite à un spontanéisme groupusculaire et permet la destruction des institutions étatiques et la domination des trusts sur des masses schizophrénisées. Michel Clouscard démontre que toute l’anthropologie bourgeoise ne s’avère qu’une psychose – forclusion de la production, du producteur, du rapport immédiat au monde – et en dernière instance un sadisme – annexion acritique brutale de l’autre, des produits, du monde. Les « machines désirantes » autistiques fusionnent alors en une machine de mort. La terreur néo-fasciste commence. On peut mesurer aujourd’hui toute l’actualité de cette critique : FMI, UE, banques contre la Grèce, l’Irlande, le Portugal ; les opérations de l’OTAN en Yougoslavie, Afghanistan, Irak, Côte d’Ivoire, Libye, Syrie, etc. Référence : 978-2-915854-53-4
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Ni calque ni copie
José Carlos Mariátegui est non seulement le plus important et le plus inventif des marxistes latino-américains, mais aussi un penseur dont l’oeuvre, par sa force et son originalité, a une portée universelle. Son marxisme hérétique présente des affinités profondes avec quelques-uns des grands auteurs du marxisme occidental — Gramsci, Lukács ou Walter Benjamin. Le socialisme selon Mariátegui s’inscrit au coeur d’une tentative de réenchantement du monde par l’action révolutionnaire. La proposition la plus hardie et hérétique de Mariátegui, celle qui soulèvera les plus grandes controverses, est celle qui résulte du passage de ses analyses historiques sur le « communisme inca » et de ses observations anthropologiques sur la survivance des pratiques collectivistes à une stratégie politique qui fait des communautés indigènes le point de départ d’une voie socialiste propre aux pays indo-américains. Que ce soit dans le domaine de la philosophie ou de la stratégie politique, de la culture ou de la question agraire, de l’histoire ou de l’éthique, l’oeuvre de Mariátegui est entièrement traversée par un puissant souffle romantique-révolutionnaire, qui donne à sa conception marxiste du monde sa qualité unique et sa force spirituelle visionnaire.

(Extraits de la préface de Michael Löwy). Traduit de l’espagnol par Luis Dapelo.

  José Carlos Mariátegui (1894-1930) fut un penseur marxiste péruvien. Théoricien prolifique jusqu’à son décès précoce, il est considéré comme l’un des penseurs latino-américains les plus influents du XXe siècle. Ses Sept essais d’interprétation de la réalité péruvienne ont fait l’objet d’une publication française aux éditions Maspero en 1968. Les éditions Delga ont déjà publié, quant à elles, sa Défense du marxisme en 2014. Cette anthologie, la première du genre en français, embrasse l’ensemble de son oeuvre.
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Nietzsche et ses frères
Wolfgang Harich (1923-1995) fut l’un des philosophes les plus célèbres et les plus controversés de la République démocratique allemande. Marxiste connu pour son indépendance d’esprit et son franc-parler, il n’hésite pas à entrer en lice, lorsque, quelques années avant la chute du Mur de Berlin, commence à se développer dans le camp socialiste une étrange tendance à réhabiliter Nietzsche (cet engouement surprenant a son pendant en France dans le « nietzschéisme de gauche » de Deleuze à Michel Onfray). Continuant et affinant les thèses de Georg Lukács, Harich voit en Nietzsche le « destructeur de la raison » par excellence, le précurseur intellectuel du fascisme. La perméabilité du mouvement démocratique et progressiste des travailleurs à l’idéologie nietzschéenne qui lui a pourtant juré une haine mortelle, lui semble une erreur fatale. Le fait même de concéder à Nietzsche, en vertu de l’usage académique, des qualités de poète ou de styliste est un automatisme paresseux. Pour Harich, cela ne prouve que l’ignorance du reste de la littérature allemande, dont il avait lui-même une connaissance érudite. C’est cette mise en perspective pluridisciplinaire qui fait également de cet ouvrage un compendium de culture allemande. Référence : 978-2-915854-18-3
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Nietzsche philosophe réactionnaire
« Nouvel esclavage », « anéantissement des races décadentes », « anéantissement de millions de ratés » : ces mots d’ordre effrayants, formulés de manière séduisante sous la plume de Nietzsche, ont longtemps été interprétés comme autant de métaphores. La reconstruction historique de Domenico Losurdo montre au contraire qu’il s’agit de la radicalisation de tendances bien présentes dans l’Occident de la seconde moitié du XIXe siècle : aboli aux États-Unis en 1865, l’esclavage prend des formes nouvelles dans les colonies ; les indiens d’Amérique et les « indigènes » sont décimés ou exterminés ; l’eugénisme se répand et l’on exige la stérilisation forcée des « non aptes ». À partir de la Commune de Paris, Nietzsche prône des mesures énergiques contre les « esclaves » rebelles et appelle à en finir avec non seulement le socialisme, mais aussi la démocratie et l’idée même de progrès, à laquelle il oppose le mythe de l’ « éternel retour » : les esclaves doivent se résigner, leur condition doit rester intangible. Référence : 978-2-915854-11-4
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Nietzsche, le rebelle aristocratique
Chez Nietzsche, les analyses philosophiques et littéraires fascinantes se mêlent à des thèmes répugnants comme « le nouvel esclavage », « l’anéantissement des races décadentes », « l’anéantissement de millions de ratés ». Nous sommes en présence d’un philosophe qui, en remettant en question deux millénaires d’histoire, repense et critique les plates-formes théoriques qu’il élabore lui-même au fur et à mesure. La contextualisation historique et la reconstruction de la biographie intellectuelle de Nietzsche sont donc la condition pour saisir la cohérence tourmentée ainsi que la grandeur d’un penseur qui, à partir de son « radicalisme aristocratique » et tout en caressant des projets d’une indicible violence, entonne un contre-chant sacrilège de l’histoire et des mythologies de l’Occident. Un événement intellectuel extraordinaire qui pourrait constituer pour longtemps une nouvelle unité de mesure. Losurdo a fourni une œuvre de référence et de consultation (…) En ce qui concerne Nietzsche, on pourrait dire: ex Italia lux (…) Une interprétation cohérente et brillante avec laquelle toute la recherche, actuelle et future, devra se mesurer. Hans-Martin Lohmann, Die Zeit Référence : 978-2-915854-94-7
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