Troisième et dernier volet d’une série intitulée La Destruction de la raison. Le chemin de l’irrationalisme de Schelling à Hitler, cette fresque qui décrit les attaques contre le rationalisme et explique les condi-
tions de l’arrivée du fascisme en Allemagne, parue en 1954 mais écrite principalement pendant la guerre, est le grand livre de combat de Lukács. Dans ce présent volume, l’auteur s’attaque à la période marquée par l’immédiate influence de Nietzsche, jusqu’à Heidegger. En ligne de mire :
– La philosophie vitaliste, qui consiste à métamorphoser l’agnosticisme en une mystique et l’idéalisme subjectif dans la pseudo-objectivité du mythe. – La « mise entre parenthèses » phénoménologique, qui n’est qu’un arbitraire idéaliste subjectif s’affublant d’un pseudonyme visant à l’insti-
tuer en méthode objective.
– Heidegger, lequel offre un tableau authentique des réflexes intellectuels
que déclenche la réalité du capitalisme impérialiste de l’entre-deux-guerres chez ceux qui ne sont ni capables ni désireux de dépasser les expériences immédiates de leur propre existence dans le sens de l’objectivité, c’est-à-dire dans le sens d’une exploration de leurs causes socio-historiques.
Tous ces courants, et d’autres encore (Georg Simmel, Carl Schmitt, Ernst Jünger etc.), marquent des étapes différentes de l’irrationalisme allemand sur la voie qui a mené l’Allemagne à un désarmement intellectuel et moral face aux hordes hitlériennes.
avec une préface de DOMENICO LOSURDO

Prix public 24 euros
Références 978-2-37607-117-4

2 Responses

  1. Le yéti devenu cyborg

    Super bouquin, assez facile car cite Nietzsche qui est lui-même assez simple à comprendre. Oui Nietzsche est le génie du mondialisme libéral libertaire transhumaniste à venir: « A-t-on déjà vu animal changer d’espèce ? » se lamente-t-il… Le vrai eugénisme, celui de l’absolu intelligence et volonté de puissance, pas dans une égalisation communautaire à la Procuste de l’homme nouveau standard des nazis, mais le clone ogm sur de l’aryen et du juif, par delà toute communauté naturelle et morale du Passé…

    Mais sur le fond :

    Quand Marx, dans l’idéologie allemande, parle de l’universalisme abstrait de la bourgeoisie, alibi de la division mondiale du travail, et qu’il critique ce même universalisme droit de l’hommiste, prétexte à l’individualisme et propriété dans la question juive, on pourrait dire qu’il fait du Nietzsche.

    Si on considère la sélection parentèle (une espèce ne peut mettre sa concurrence « générique » de son mode de société que si elle a plusieurs sociétés diverses dans sa sélection naturelle, le clan de primates qui a le comportement social le plus efficace gagne sur celui qui a le moins bon, développant son génome par là même, il y a une dialectique génétique/générique au sein d’une même espèce. Ainsi les abeilles d’une ruche ne se mélangent pas à d’autres, les hordes de félins et loups se font la guerre etc. Hamilton et Price), alors l’universalisme de Marx apparaît comme un impératif catégorique, un kantisme benêt.

    Aussi dans sa négation du socialisme, de la démocratie, par ses 2 classes esclaves/aristocrates, on pourrait dire que Nietzsche fait du marxisme vrai en sortant de l’aporie droit de l’hommiste ! Du matérialisme basé sur le conatus spinoziste, loin de l’universalisme bourgeois abstrait et faux.
    Si Marx pose le prolétariat possédant l’Esprit du Monde (on peut en douter dorénavant), et si Lénine voit bien que cette lutte doit être nationale d’abord, sur le substrat dialectique historique (le prolétariat se débarrasse d’abord de SA bourgeoisie, la haine des nations étant l’internationalisme des imbéciles), je ne vois pas dans le contexte mondialiste d’ouverture totale des frontières, comment la position de Nietzsche n’est pas plus marxiste et matérialisme que celle de Marx l’idéaliste… Et d’une certaine façon, ce que Coudenhove-Kalergi explique dans son idéalisme pratique (les 2 castes à la Nietzsche sur un peuple d’esclaves métissés à l’égyptienne individualistes, le sable de l’humanité bien lisse, bien rond, et les surhommes du Capital brutes blondes…) est plus hégélien ! La classe révolutionnaire c’est les oligarques des GAFA…
    Non ?

    • Le yéti devenu cyborg

      Je parle du 2eme tome, le plus intéressant car c’est Nietzsche le penseur de l’irrationnel supra-rationnel par delà la dialectique de la raison dans la moraline décadente des esclaves libidineux consuméristes infantilisés, féminisés…

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