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L’Origine de la vie

19.00

Dans les années vingt, le savant soviétique Alexandre Oparine se fit connaître bien au-delà des frontières de son pays pour ses travaux pionniers sur la chimie prébiotique, que synthétisera son livre jadis célèbre : L’Origine de la vie sur Terre. Un siècle s’est écoulé, au cours duquel la biologie a accompli des avancées prodigieuses dans ce domaine, jusqu’aux récents « automates prébiotiques » évoluant presque sous nos yeux en laboratoire.Ces dernières décennies, nous assistons pourtant à la renaissance de formes de plus en plus obscurantistes de créationnisme, sous le regard atone, voire complice jusqu’à un certain point, du vieux paradigme néodarwinien sous l’emprise d’un post-modernisme hostile à toute « théorie générale » du vivant, sacralisant toujours le « hasard » contre la nécessité.À la lumière d’une théorie de la connaissance matérialiste dialectique, dont Oparine lui-même se réclamait, et qui ne fut pas étranger à la pertinence de ses travaux, il s’agit de démasquer aujourd’hui cette contradiction profonde entre ossification des sciences de l’évolution et évolution multiforme du fixisme, au moment où l’épigénétique bouscule tous les dogmes idéalistes qui polluaient la génétique du siècle dernier. C’est l’occasion de rendre hommage au grand Oparine, dont les découvertes et les problématiques sont encore d’une actualité brûlante, et d’en proposer donc une relecture.

Guillaume Suing, professeur agrégé de biologie né à Tourcoing en 1973, membre du Cercle Henri Barbusse, il se passionne pour l’histoire de la biologie depuis plusieurs années. Deux ouvrages sont déjà parus (aux éditions Delga) : Évolution : la preuve par Marx. Dépasser la légende noire de Lyssenko et L’Écologie réelle. Une histoire soviétique et cubaine.

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