De retour à Histoire et politique

L’EMPIRE COLONIAL BRITANNIQUE

29.00

Dans cet ouvrage monumental, l’historien britannique Richard Gott terrasse le récit impérial mystificateur, celui d’un empire « civilisateur » et « libéral », pour révéler l’histoire de ceux qui se sont soulevés contre la machine coloniale. Des forêts d’Amérique du Nord aux collines de Ceylan, des plantations sucrières des Caraïbes aux champs de bataille du Pendjab, L’Empire colonial britannique raconte deux siècles de résistance, de répression et de révolte systématiquement occultés par l’historiographie classique.

Gott exhume des figures oubliées : chefs amérindiens comme Pontiac, rebelles gurkhas du Népal, marrons jamaïcains, paysans irlandais Whiteboys, princes musulmans du Mysore, cipayes mutinés, esclaves insurgés, prophètes xhosa… Il montre comment « chaque conquête fut d’abord une guerre d’extermination » et chaque occupation une tyrannie militaire. La loi martiale, les exécutions au canon, la famine comme arme, la déportation massive des prisonniers politiques – en Australie, en Tasmanie, aux Seychelles – furent les outils ordinaires d’un système qui n’a jamais hésité à massacrer les populations autochtones pour étendre son emprise.

Loin du récit héroïque, Gott montre que l’Empire britannique ne fut pas seulement une aventure économique et géopolitique : ce fut un « système de terreur global », préfigurant les fascismes du xxe siècle par sa bestialité. Pourtant, jamais les « sujets de l’Empire » ne se sont résignés. Année après année, des rébellions ont éclaté, des guérillas ont harcelé les armées d’occupation. Ce livre leur redonne une voix – et une place dans l’histoire.

En s’appuyant sur des archives souvent négligées – rapports coloniaux, mémoires de missionnaires, témoignages –, Gott compose une contre-histoire rigoureuse. Il ne s’agit pas d’un énième récit des victoires britanniques, mais d’une plongée dans les zones d’ombre de l’Empire, là où la violence était la règle et où la résistance, même atrocement réprimée, n’a jamais pu être éteinte.

Richard Gott (1938‑2025), historien britannique et ancien correspondant du Guardian en Amérique latine, a consacré une partie de ses travaux à déconstruire les récits officiels de l’histoire occidentale. Spécialiste des guérillas et des mouvements de résistance, connu pour avoir identifié le corps de Che Guevara en 1967, il est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment sur l’Amérique latine (Cuba, Venezuela, etc.).

 

ISBN 978-2-37607-290-4

720 pages

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