De retour à Histoire et politique

QUI MENAIT LA DANSE ?

29.00

Au coeur de la Guerre froide, le combat ne s’est pas seulement livré à travers les luttes armées, les coups d’État et les opérations de déstabilisation (Corée, Viet-Nam, Iran, Cuba, Indonésie, Chili, Hongrie, Tchécoslovaquie, etc.) mais s’est aussi joué sur le terrain de la culture et des idées.

Dans cette enquête historique magistrale, devenue un classique, Frances Stonor Saunders exhume, de Berlin à Paris, de New York à Rome, les archives, les témoignages et la correspondance des protagonistes pour restituer l’histoire d’un vaste programme secret orchestré par la CIA visant à arracher la vie culturelle de l’Occident et l’opinion européenne à l’influence communiste. Elle dévoile comment l’agence de renseignement américaine a financé des revues prestigieuses, organisé des festivals et des expositions, orienté les débats intellectuels et travaillé à détourner l’opinion occidentale du socialisme. Des fonds secrets, habilement dissimulés par un réseau de fondations privées, ont permis à toute une génération d’intellectuels, sélectionnés pour leur docilité idéologique ou la conformité de leurs vues, d’occuper le devant de la scène et d’installer durablement leurs catégories de pensée.

En effet, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis avaient compris que l’affrontement avec le bloc soviétique devait être aussi une bataille pour coloniser les consciences. Au centre de ce dispositif pour circonvenir ou soudoyer les intellectuels européens, se trouvait le Congress for Cultural Freedom, une organisation destinée à promouvoir les « valeurs du monde occidental » en combattant les idées communistes dans les milieux artistiques et intellectuels et qui comptait dans ses rangs les plus grands noms de l’intelligentsia : Raymond Aron, Arthur Koestler, Jackson Pollock, Igor Stravinski, Bertrand Russell, Antoine de Saint-Exupéry et des centaines d’autres écrivains, poètes, artistes et philosophes.

Sous couvert de défendre la liberté artistique et la démocratie libérale, c’est en réalité une vaste entreprise de captation des esprits qui se mettait en place, érigeant la culture en arme géopolitique.

Frances Stonor Saunders est historienne et productrice de documentaires. Diplômée de l’université d’Oxford, elle s’est spécialisée dans l’histoire culturelle et politique du XXe siècle. Le présent livre est devenu une référence internationale pour comprendre les relations entre culture, pouvoir et propagande durant la Guerre froide.

 

ISBN 978-2-37607-289-8

503 pages

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