Art morbide ? Morbid Art
Des pulsions morbides hantent l’art contemporain, qui n’est plus pour l’essentiel qu’un jeu de guignols manipulés par l’idéologie libérale et l’argent. « Installations », « performances », soporifiques « vidéos » que personne ne regarde ou « photographie plasticienne », qui montre en grand (et mal) ce qui était en petit et snobe souvent la photographie familiale ou de reportage, ne semblent être là que pour nourrir en provende un marché friand de sang neuf… Pourtant, des milliers de créateurs — peintres, sculpteurs, graphistes, designers, architectes — expérimentent et travaillent quotidiennement derrière le filtre de cet art officiel, futile, ludique et cynique. Ils produisent, dans le silence des ateliers, des formes et des sens qui sont aux antipodes de ces « attitudes », de ces « postures », de ces « démarches » un peu trop voyantes et institutionnalisées pour être honnêtes… Un arbre ne peut cacher la forêt. Référence : 978-2-915854-07-7
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La trahison de l’avant-garde
Le désenchantement du monde provoqué par l’explication rationnelle de l’univers apporta comme conséquence la réaction de ceux qui, éprouvant de la nostalgie pour un imaginaire paradis perdu, s’arrogèrent la mission d’un nouvel enchantement. Face au grandiose projet des Lumières de remplacer la religion par la philosophie et par la science, les romantiques, puis leurs épigones, se proposèrent un idéal non moins transcendant : remplacer la philosophie et la science non par la religion stricto sensu, mais par la religion de l’art ou la poésie. Ces mouvements irrationnalistes, aussi hétérogènes et confus qu’ils soient, avaient pourtant un trait essentiel en commun : leur hostilité à la société industrielle et la nostalgie d’un imaginaire paradis perdu du monde prémoderne. Ils ont constitué une tradition dont allait se nourrir le prétendu art « moderne », lequel, d’une façon contradictoire et paradoxale, représente également une attaque en règle contre la modernité. Référence : 978-2-915854-89-3
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Le surréalisme contre la Révolution
Roger Vailland, romancier dandy, résistant esthète, aurait cent ans cette année. La republication des écrits de combat de ce témoin majeur des conflits intellectuels et politiques du XXe siècle était devenue une urgence. D’autant plus que le surréalisme est sans doute le mouvement littéraire le plus complexe du XXe français, puisqu’y seront passés tant de jeunes écrivains, y compris Vailland. Publié au lendemain de la Libération, « Le Surréalisme contre la Révolution » se présente comme un pamphlet contre André Breton, mais il témoigne aussi du parcours individuel de l’auteur, passé de l’hermétisme du Grand jeu à l’athéisme le plus militant. Ainsi, plus qu’un réquisitoire, ce texte est aussi un plaidoyer pour le rationalisme, dans la tradition des Lumières. Référence : 978-2-915854-06-0
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L’esthétique soviétique contre Staline
Tout le monde connaît Andreï Jdanov, le commissaire du peuple à la culture de Staline et ses diktats en matière de création. En revanche, on ignore tout de son « prédécesseur » et pour ainsi dire, son opposé : Anatole Vassiliévitch Lounatcharski. Nul hasard. L’idéologie a tout intérêt à réduire le communisme au goulag, Lénine à Staline, le matérialisme dialectique à Lyssenko et la critique marxiste à quelques vulgates du réalisme socialiste. Mais pour tous ceux qui n’ont jamais accepté le communisme dans sa version momifiée, à commencer par Lénine lui-même, devenu pharaon malgré lui dans un mausolée sur la place rouge, il est enfin temps de découvrir son plus proche conseiller en matière de culture, Anatole Lounatcharski, philosophe, artiste et révolutionnaire. 150 pages Référence : 2-915854-00-9
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Musique, rupture
Dès la Libération, s’est formé en Italie, à l’intérieur du système, un antagonisme social, culturel et politique. porté par la conscience de la rupture démocratique que l’antifascisme, des années vingt à la Résistance, à 1945, a opérée dans l’histoire nationale. La nouvelle musique italienne fut partie prenante de cette refondation : elle a rompu avec tous les faux rapports jusqu’alors dominants, et fut à la base de la construction d’une nouvelle culture. Elle proposa une musique qui fait penser. Les Bruno Maderna, Luigi Nono, Luciano Berio, Giacomo Manzoni, Sylvano Bussotti, Giovanna Marini, Fausto Razzi, Armando Gentilucci, Franco Evangelisti, Egisto Macchi, Vittorio Fellegara, Domenico Guaccero, Franco Oppo, se sont formés peu ou prou à travers ces luttes. Des travaux précurseurs de Malipiero au Canto sospeso de Nono sur les lettres des condamnés à mort de la Résistance européenne, des Chants de prison, de Dallapiccola qui sont le premier exemple de musique engagée en Italie, au Studio di fonologia de Milan de Maderna, Leydi, Berio, la nouvelle musique italienne entre dans la langue commune, et pose la question de la communication ouverte, linguistiquement ouverte à tous les rapports sonores alternatifs. Ce n’est pas un hasard si Nono écrit que « l’engagement idéologique s’accompagne de l’engagement linguistique ». Dans cette Italie de l’après-guerre se sont développées une recherche et une création musicale nettement différenciées de celle des autres pays marqués trop souvent par la spécialisation et un néo-rationalisme technologique qui prétend déduire les nouvelles structures linguistiques musicales à partir d’une technique de composition entièrement mathématisée. En Italie, la recherche de nouvelles techniques, y compris électroniques, s’accompagna presque toujours de l’urgence de poser la question de la responsabilité sociale du compositeur, des conditions de l’écoute et de l’accès démocratique à la musique. Témoin privilégié de cette époque, Luigi Pestalozza (né en 1928), ancien résistant, musicologue de renommée internationale, longtemps responsable des questions musicales au PCI, livre ici un recueil de ses textes les plus importants pour comprendre cet acmé de la musique contemporaine et les débats qui l’ont accompagné. Référence : 978-2-915854-47-3
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Trajectoires de la peinture
Attention, ceci n’est pas un livre d’art. Encore moins un essai sur l’esthétique. C’est le livre d’un peintre sur la peinture. A part Delacroix, Van Gogh et quelques autres, le phénomène est trop rare pour ne pas être signalé. Jean-Pierre Jouffroy fait ici parler la peinture de l’intérieur, dans son histoire et sa dialectique interne. De Giotto à Nicolas de Staël, de Bruegel à Charles Lapicque, la peinture est envisagée comme une succession de systèmes figuratifs d’ensemble, pensés historiquement. Loin de plaquer sur elle une rhétorique arbitraire, la peinture est ici conçue comme un langage propre, qui obéit à ses propres lois et excède le simple rôle d’ « illustration » naturaliste que l’académisme lui assigne. Avant de savoir ce que la peinture représente, il faut d’abord comprendre comment elle se présente, comprendre les lois de fonctionnement instrumental, gestuel et mental du peintre. Au travers de ce recueil presque exhaustif des textes de Jouffroy de 1962 à nos jours, de sa lutte en milieu communiste pour refuser les diktats du « réalisme socialiste » jusqu’à ses ultimes recherches sur la lumière, on apprendra également une multitude de détails : Comment évoluent les techniques et les matériaux ? Pourquoi le modelé est-il incompatible avec la couleur ? Quelle est la raison plastique de la rupture entre Van Gogh et Gauguin ? Pourquoi l’académisme contemporain en veut spécialement à la peinture ? Quel rôle jouent la division de la touche ou le ton local de l’objet dans la modernité ? Pourquoi l’abstraction porte-t-elle une attention nouvelle au caractère concret des moyens plastiques ? En quoi le physicien Chevreul a-t-il révolutionné la peinture ? Quel point de convergence peut-on établir entre les progrès de la physique et certaines théories picturales ? En quoi l’oeuvre de Chardin est-elle un point d’appui de toutes les modernités à venir ? Pourquoi ce qui caractérise le cubisme est moins le caractère statique du cube que le mouvement ? En quoi David est-il le père d’une conception pluraliste en art comme fondement de la politique culturelle ? En quoi Nicolas de Staël initie-t-il une reconstruction figurative à partir de l’abstraction ? Voici donc une invitation au voyage en compagnie de tous ceux qui ont fait la peinture moderne. Référence : 978-2-915854-23-7
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